Ce n'est pas une parenthèse diplomatique. Hormuz est le goulot par lequel transitait autrefois environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. Sa fermeture a aidé à pousser le brut au-dessus de 100 dollars le baril. Sa réouverture, si elle arrive un jour, se sentirait à la pompe et dans les salles d'affrètement loin du Golfe.
En clair : Araghchi pousse une séquence en sept jours : les États-Unis libèrent les fonds gelés, lèvent les sanctions et le blocus des ports, Hormuz rouvre, puis viennent les pourparlers nucléaires. Trump a jugé cela inacceptable. Les échanges via le Qatar continuent, mais Washington lie tout allègement à des gestes nucléaires, et le calendrier bloque.
État des faits : Vérifié le 29 septembre 2026 d'après le reportage d'Al Jazeera sur les réunions new-yorkaises et le cadrage d'un responsable américain. Les lignes de médiation et les déclarations publiques peuvent bouger en quelques heures.
Comment on en est arrivé là
L'Iran a fermé le détroit peu après le lancement de l'offensive américaine et israélienne, le 28 février. Les attaques contre des navires ont ensuite étranglé le trafic. Une partie du fret circule encore sur une route supervisée par les États-Unis le long de la côte omanaise, souvent de nuit, balises éteintes, avant de transborder le pétrole hors du détroit. Le Central Command affirme avoir aidé environ 2 000 transits et plus d'un milliard de barils ces derniers mois. Les exportations des grands producteurs moyen-orientaux sont remontées à 12,8 millions de barils par jour en septembre, un plus haut depuis le début de la guerre, mais bien en dessous des 18,8 millions d'avant les combats.
Washington a aussi bloqué les ports iraniens et menacé de pressions secondaires contre les entreprises et aéroports qui traitent avec l'aviation iranienne. Plusieurs voisins ont déjà annulé des vols concernés. C'est cet étau que Téhéran veut faire lâcher avant de considérer Hormuz comme rouvert.
L'offre en sept jours
Le plan iranien a été annoncé vendredi à l'Assemblée générale de l'ONU. Le ministre Abbas Araghchi a dit que les États-Unis devaient libérer les fonds iraniens gelés, lever les sanctions et mettre fin au blocus naval des ports. Selon lui, ces gestes pourraient être faits en quatre ou cinq jours, le détroit pourrait rouvrir, et des négociations sur un accord final, y compris le dossier nucléaire, pourraient démarrer vers le septième jour.
Samedi, le président Donald Trump a rejeté la proposition comme inacceptable. Le canal n'est pas mort pour autant. Lundi, Araghchi a rencontré des médiateurs qataris à New York. Il a dit aux médias d'État iraniens que le Qatar porterait les idées du côté américain et qu'il espérait la réponse finale de Washington pour mardi. Il a ajouté qu'il rentrerait à Téhéran dans les heures suivantes plutôt que d'attendre sur place : dès que le Qatar a une réponse, il sait comment la transmettre.
Il a présenté ces échanges comme la suite d'une navette déjà ouverte via le Qatar et le Pakistan, devenue plus sérieuse depuis le dépôt du plan iranien. Autrement dit : une passation de messages, pas une cérémonie de signature.
Le bras de fer sur l'ordre des gestes
Un responsable américain cité par Al Jazeera a qualifié les discussions indirectes de positives et constructives, puis a tracé la ligne dure : pas d'accord pour finir la guerre sans traiter le programme nucléaire. Le même responsable a dit que Trump est prêt à alléger les sanctions et libérer les fonds gelés en échange de progrès nucléaires. L'Iran, a-t-il ajouté, a signalé une certaine flexibilité sur le nucléaire, mais les parties restent éloignées sur le calendrier des engagements et sur qui fait quel pas en premier.
Voilà le cœur de l'affaire sous les titres. Téhéran veut d'abord le soulagement économique et maritime, puis parler nucléaire. Washington veut lier soulagement et mouvement nucléaire. Tant que cet ordre ne cède pas, Hormuz reste une monnaie d'échange, pas un corridor rouvert.
Devant la presse lundi, Trump a dit que des responsables américains avaient aussi parlé aux médiateurs et a affirmé que Washington gagnerait, vite. Il a lié cette victoire à une baisse des prix de l'essence. Ce sont des phrases de campagne. Ce n'est pas un calendrier signé de réouverture du détroit.
Ce que chaque capitale vend encore
À Téhéran, le ton public est resté dur. Le guide suprême Mojtaba Khamenei, dans un message marqué par la mémoire de guerre et des chocs régionaux passés, a dit que la domination étrangère était révolue et que les adversaires frappés dans Hormuz n'osaient plus pousser au-delà de la mer d'Arabie sans en payer le prix. Le chef d'état-major des forces armées a promis une riposte décisive à toute menace. Un haut responsable naval a insisté : le détroit reste fermé et les forces iraniennes sont prêtes à empêcher l'entrée de forces ennemies.
Du côté américain, le responsable a accusé l'Iran d'avoir rompu un protocole d'accord de juin en tirant sur des navires commerciaux. Téhéran nie et dit que c'est Washington qui a manqué à ses engagements en ne stoppant pas les frappes israéliennes au Liban et en cherchant des routes maritimes alternatives dans Hormuz. Les deux récits comptent pour le lecteur en ligne : chaque camp écrit l'autre comme le saboteur d'un accord qui n'existe pas encore.
Où en est le dossier
Une rencontre de médiation n'est pas un cessez-le-feu. Le rejet présidentiel du plan en sept jours reste la dernière ligne claire de Trump sur ce texte. Des pourparlers « positifs » peuvent laisser Hormuz fermé. L'espoir d'Araghchi d'une réponse mardi n'est pas un accord bouclé, et les chiffres de transit du CENTCOM ne prouvent pas un retour au trafic de temps de paix.
Sources : Al Jazeera sur Araghchi, les médiateurs qataris et le séquençage nucléaire américain.